2 mai 2025
7 min

Peu canadien, n'est-ce pas? : Démystifier les idées reçues sur la chirurgie privée au Canada

Lors de ma première semaine d’études de médecine, un médecin du corps professoral qui donnait notre orientation a déclaré avec assurance : « Le Canada a le meilleur système de santé au monde. »

C’est un trope que beaucoup de milléniaux et des générations plus âgées connaissent bien. On nous a appris que Tommy Douglas était un héros, et qu’être Canadien, c’était croire en un excellent système de santé pour tous. Cela faisait partie de notre identité nationale.

Dr Sean Haffey
Médecin de famille et fondateur
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Table des matières

Le mythe du « meilleur système de santé au monde »

Mais même en 2015, la salle semblait divisée. Certains élèves acquiescèrent. D’autres restaient silencieux. Quelques-uns d’entre nous ont échangé des regards complices, reconnaissant silencieusement une vérité inconfortable : cette affirmation n’était tout simplement plus vraie.

Si ce médecin donnait la même conférence aujourd’hui, elle serait probablement accueillie par des éclats de rire.

De nos jours, on ne peut pas traverser un seul cycle d’actualités sans entendre comment notre système de santé échoue. Les urgences ferment, un nombre record de Canadiens sont sans médecin de famille, et les délais d’attente pour les chirurgies au Canada sont pires que jamais.

Beaucoup de Canadiens ayant besoin de chirurgies électives et « non urgentes » attendent jusqu’à un an juste pour parler à un chirurgien, puis encore 8 à 12 mois pour une date réelle de chirurgie. Pendant ces longues attentes, les choses ne font qu’empirer. Mobilité en déclin, douleur croissante et sentiment de bien-être diminué, ce sont juste des difficultés quelques-unes des nombreuses conséquences négatives potentielles de Retard du traitement chirurgical.

La nouvelle réalité devient de plus en plus claire : notre système de santé publique est en crise.

La chirurgie privée est-elle la solution?

Certains critiques de la chirurgie privée au Canada soutiennent que plus de financement public est la solution à notre crise de soins de santé. Bien que cela semble bien en théorie, c’est une réponse trop simpliste — et que nous avons déjà essayée.

Voici la réalité :

En 2023, Le Canada a dépensé 344 milliards de dollars pour les soins de santé, soit 12% de son PIB. L’argent des contribuables a payé plus de 70% de cela.

Donc, si on parle d’augmenter ce financement, cela ne signifie qu’une chose : des impôts plus élevés.

Mais voici le problème : le Canada est déjà l’un des pays les plus lourdement imposés au monde. Et avec l’inflation post-pandémique toujours présente, une guerre commerciale grandissante avec les États-Unis et une récession financière mondiale imminente, il est difficile d’imaginer une file de patriotes enthousiastes prêts à donner davantage de leurs chèques de paie au fisc.

Chirurgie privée au Canada : faits vs mythe

Contrairement au mythe selon lequel notre système de santé serait le meilleur au monde, ceux qui entourent la chirurgie privée au Canada sont encore largement crus. C’est regrettable, car cela pourrait être l’une des solutions clés à notre crise de santé qui s’aggrave.

Pour aider à désavouer mes concitoyens canadiens de ces idées fausses courantes, je vais passer en revue les trois mythes que je considère comme les plus largement croyés et les plus contre-productifs pour notre progrès en matière de santé.  

Un chirurgien se prépare à la chirurgie

Mythe #1 : La chirurgie privée est nouvelle

On pourrait penser que la chirurgie privée est une tendance récente et inappropriée. Ce n’est pas le cas. La chirurgie privée (et les soins de santé en général) fait beaucoup parler d’elle dernièrement, mais ce n’est pas nouveau au Canada.

Par exemple, la Colombie-Britannique offre la chirurgie aux payeurs de leur poche depuis les années 1970. Le Vancouver Plastic Surgery Centre, le premier grand centre privé de ce genre, a ouvert ses portes en 1989. Cela a ouvert la voie à une série de centres désormais en vue pour s’installer, comme les centres de chirurgie False Creek et Cambie. Entre-temps, le Québec autorise la pratique chirurgicale dans des centres privés depuis une décision de la Cour suprême en 2005.

La chirurgie privée au Canada n’est pas une nouveauté depuis 10 ans, mais la demande en forte croissance, oui. Voici quelques-uns des principaux moteurs de cette demande refoulée :

  1. Croissance démographique : Plus d’un million de personnes ont immigré au Canada rien qu’en 2023.
  2. Démographie vieillissante
  3. Goulots d’étranglement dans la formation spécialisée et les licences
  4. Problèmes de rétention dus à un épuisement professionnel chez les médecins

Les moteurs de la demande accrue pour la chirurgie privée sont les mêmes facteurs qui mettent à rude épreuve le système public. Le système de santé canadien s’effondre sous le poids de sa population vieillissante et croissante. Pour aggraver les choses, notre infrastructure de santé ne suit pas la croissance démographique, et nous ne formons ni ne retenons assez de spécialistes chirurgicaux. Notre système stagne, et les Canadiens attendent plus longtemps en conséquence.

Mythe #2 : La chirurgie privée est illégale

Beaucoup de Canadiens supposent que la chirurgie privée est illégale à l’échelle nationale. Ce n’est pas le cas.

Bien qu’il y ait des limites sur les procédures que vous pouvez payer — et où — les lois entourant la chirurgie privée au Canada ne sont pas particulièrement complexes.

Voici quelques points clés à savoir :

  • Vous ne pouvez pas payer pour un accès plus rapide à une procédure couverte publiquement dans votre province d’origine.
  • Les procédures sans assurance, comme la plupart des chirurgies esthétiques, peuvent être payées de façon privée.
  • Les soins d’urgence dans une autre province sont généralement couverts par votre régime provincial.
  • Les procédures électives dans une autre province ne sont pas couvertes. Tu paieras de ta poche.

Vous voulez creuser plus loin? Lisez-en plus sur le fonctionnement de la chirurgie privée au Canada.

Mythe #3 : La chirurgie privée n’est pas canadienne

C’est le mythe qui touche le plus notre identité en tant que Canadiens. C’est aussi celui qui évoque nos peurs de ce que nous pourrions devenir. Les Canadiens sont allergiques à l’américanisation.

L’innovation canadienne, pas la privatisation « à l’américaine »

Pour le meilleur ou pour le pire, nous, les Canadiens, tenons profondément à ne pas trop ressembler à nos voisins du sud. Alors, lorsque la chirurgie privée gagne en lumière, il est compréhensible que beaucoup craignent une pente glissante — qui pourrait mener à un système hyper-privatisé remplaçant notre système public tant chéri.

Les critiques crient souvent à l’injustice à la simple mention d’un « système à deux vitesses », mais ce cadre déforme ce que la plupart des défenseurs des options privées au Canada défendent réellement.

Plutôt que deux niveaux empilés verticalement — un pour les riches et un pour tout le monde — il est plus exact d’imaginer deux poutres courant en parallèle, supportant le même poids : nos besoins croissants en santé.

Pas des niveaux séparés, mais des bras complémentaires

Soyons clairs : les soins de santé universels sont une valeur fondamentale au Canada, et la chirurgie financée par des fonds privés ne devrait jamais remplacer les options publiques. Mais cela peut aider à soulager la pression sur le système.

On a même vu ça fonctionner dans notre propre cour arrière

Le Initiative chirurgicale de la Saskatchewan (SSI) est un exemple concret de la façon dont les provinces peuvent exploiter la capacité excédentaire dans les cliniques privées pour réduire les temps d’attente publics. L’Institut Fraser a beaucoup écrit sur le succès du programme — des cliniques privées ont aidé à réduire de moitié les temps d’attente chirurgicale en Saskatchewan.

Et le Canada n’est pas le seul à faire cela.

Ce que nous pouvons apprendre de l’étranger

Le Service national de santé du Royaume-Uni — un système fièrement universel et financé par l’État — s’associe depuis longtemps à des fournisseurs chirurgicaux privés pour effectuer des interventions non urgentes lorsque les hôpitaux publics font face à des limites de capacité. Ces collaborations ont permis de gérer les temps d’attente sans nuire aux soins de santé publics.

En fait, l’approche du NHS montre comment les systèmes public et privé peuvent travailler ensemble, et non en opposition. Il ne s’agit pas de remplacer le modèle public — il s’agit de le renforcer quand il est sous pression.

Comment les soins de santé publics et privés peuvent fonctionner ensemble

Ce débat ne porte pas sur le choix entre soins publics ou privés — il s’agit d’innovation par la collaboration.

Le système de santé universel du Canada mérite d’être protégé, mais le protéger ne signifie pas résister à toutes les formes de changement. Protéger les soins universels exige d’être proactif et ouvert à des solutions qui peuvent alléger la pression, réduire les temps d’attente et aider le système à fonctionner plus efficacement.

C’est là que la chirurgie privée peut aider—non pas comme remplacement, mais comme soupape de démantèlement. Cela peut être une option complémentaire pour les patients coincés dans l’incertitude, et un outil que les décideurs peuvent exploiter lorsque la capacité publique est insuffisante.

Vous voulez en savoir plus sur la façon d’obtenir une chirurgie plus rapidement au Canada? Consultez notre guide complet de vos options dans les systèmes publics et privés.

La surgence rend la chirurgie privée plus accessible

Chez Surgency, nous croyons en l’importance d’offrir aux patients des options pour tracer leur parcours en soins de santé. Notre objectif est de rendre la chirurgie privée transparente et accessible, et de vous mettre aux commandes.

Que vous soyez un patient à l’exploration de vos options ou simplement curieux de savoir comment fonctionne la chirurgie privée au Canada, nous sommes là pour vous aider.

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